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L'union fait la force de Royal

de Marie-Christine Tabet - Le Journal du Dimanche


Pour défendre son modèle et son territoire, la présidente de Poitou-Charentes, qui a lancé samedi sa campagne régionale, rassemble des écolos, des Modem, et des syndicalistes.

 

Ségolène Royal campagne régionales 
Paru dans leJDD Ségolène Royal tout sourire à l'heure d'entamer sa campagne électorale. (Maxppp)
La région Poitou-Charentes, selon Ségolène Royal, est un laboratoire pour l’environnement, l’emploi, la formation… et la politique. Lançant samedi sa campagne régionale à La Rochelle, la présidente sortante a présenté une liste d’union large, accueillant à ses côtés dès le premier tour des candidats dissidents du Modem, des Verts et des syndicalistes proches des communistes. Les suspensions décidées par Europe Ecologie et les menaces de François Bayrou contre Alexis Blanc, le responsable MoDem de Charente-Maritime, n’ont pas fait reculer les postulants. Les Verts qui l’ont rejointe, Georges Stupar et Alain Bucherie, élus régionaux, ont expliqué à une salle conquise à quel point la gestion "verte" de Ségolène Royal était "exceptionnelle".

Cette dernière n’a pas manqué de préciser: "La main reste tendue jusqu’à la clôture des listes. Si d’autres veulent nous rejoindre, ils sont les bienvenus." Quelques heures avant son meeting, Alexis Blanc a fait approuver sa démarche par son conseil départemental. Trente-huit membres sur soixante ont approuvé. Royal prouve une fois de plus qu’elle est capable de donner le ton à la campagne qui s’annonce. Son initiative pourrait être reprise dans d’autres régions, en Rhône-Alpes ou en Paca. Elle réaffirme aussi son positionnement "au-dessus des partis et des appareils", après avoir brouillé son image dans son affrontement dijonnais avec son ancien lieutenant Vincent Peillon.

 
"Sans vous, nous ne serions plus là"


"C’est vrai que je n’aurais jamais dû aller là-bas, reconnaît- t-elle au JDD, je ne m’y suis rendue qu’à la demande des miens. Mais les gens n’ont pas compris, ils n’ont pas l’habitude de me voir dans ce type de luttes intestines." Pour affiner sa politique d’ouverture, Ségolène Royal a également convié sur sa liste deux salariés en lutte. Emile Brégeon, délégué CFDT d’Heuliez, entreprise de véhicules électriques dans la laquelle la région a investi 5 millions d’euros, et Guy Eyermann, délégué CGT de New Fabris, soustraitant automobile fermé en juillet dernier. "Deux lutteurs", qu’elle a soutenus pendant leurs combats syndicaux. "Je tiens à remercier Madame Royal d’avoir permis à un ouvrier comme moi d’être sur sa liste", a expliqué Eyermann. Tandis que Brégeon fustigeait la politique du ministre de l’industrie: "Sans vous nous ne serions plus là."

La démonstration de sa capacité de rassembler sert de slogan à Ségolène. Pour son programme, elle s’est contentée de dérouler les valeurs "royalistes": démocratie participative, humanisme et environnement. Favorite, Ségolène Royal va affronter Dominique Bussereau, président du conseil général de Charente-Maritime et secrétaire d’Etat aux Transports. Le matin même, à Fouras, une quinzaine de kilomètres plus au sud, ce dernier a donné le top départ de sa campagne. Avec son ami Jean-Pierre Raffarin, il s’est présenté comme le candidat modeste face à Royal. "Elle se sert de la Région pour ses ambitions nationales, moi, je me mets au service de la région et de ma famille politique. Je n’avais aucun intérêt à me lancer dans cette bataille", a-t-il expliqué. A l’UMP, on compte surtout sur les divisions internes au PS qui entraîneraient une forte abstention des socialistes. En fin de semaine, une élue PS de la région, proche de Benoît Hamon, a tiré sa révérence pour manifester sa désapprobation de la politique de Royal. "Ségolène est arrogante, elle agace et beaucoup de ses amis préféreraient la victoire de Bussereau", affirme Raffarin.

En tout cas, Martine Aubry, qui s'oppose à une alliance nationale avec le Modem, n'a rien trouvé à redire dimanche sur l'alliance scellée entre Ségolène Royal et certains membres du Modem de Charente-Maritime. "Ce n'est pas un accord entre le PS et le MoDem de François Bayrou", a-t-elle précisé lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. "Je respecte ces choix individuels qui sont ceux de quelques Verts mais aussi de quelques membres du MoDem", a insisté la première secrétaire. 

Marie-Christine Tabet - Le Journal du Dimanche

Dimanche 17 Janvier 2010

 

 
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