Ségolène Royal a répondu aux questions de Marie Drucker présentatrice du Journal Télévisé de 20H sur France 2. Ségolène Royal est revenue sur les pratiques de ce système qui dirige la France. Elle a évoqué les questions de sécurité et de délinquance. En parlant de l’échec du système qui dirige actuellement la France, elle a fait des propositions concrètes. Ségolène Royal a aussi évoqué les questions d’exemplarité et proposé de regagner de l’ambition autour de l’idée France.
PROPOS RECUEILLIS PAR ROSALIE LUCAS Photo : (LP/OLIVIER CORSAN.) Source : LeParisien.fr
A quatre jours de l’ouverture de l’université d’été du PS à La Rochelle, l’ex-candidate à la présidentielle remet en avant son « ordre juste ».
Ségolène Royal repart au combat pour « l’ordre juste ». L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle ressurgit dans le débat sur la sécurité, thème qu’elle développera aussi le18septembrelorsdesaFêtede la fraternité à Arcueil (Val-de-Marne). Avant d’ouvrir l’université d’été du PS vendredi à La Rochelle, Royal appelle les socialistes à reprendre « ses idées », dont celle de l’encadrement militaire des jeunes délinquants.
Que répondez-vous à BriceHortefeux qui, dans « le Monde », s’en est pris à la « gauche milliardaire » ? SÉGOLÈNE ROYAL. De qui se moque- t-il ? Je rappelle qu’il y a actuellement un clan au pouvoir qui utilise l’Etat à des fins personnelles et au profit d’un groupe de milliardaires bénéficiant du bouclier fiscal et des distributions de Légions d’honneur. Tout accrédite la suspicion d’un trafic d’influence au profit des milliardaires financiers de l’UMP régulièrement réunis par Nicolas Sarkozy, Eric Woerth et Brice Hortefeux. Sur ces malversations, il n’y a toujours pas d’enquête ni de juge d’instruction, ce qui serait inimaginable dans n’importe quelle autre démocratie.
Vous pensez que les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la sécurité visaient à faire oublier ces affaires ? Il fallait en effet d’urgence faire diversion ! Concernant les Roms, je rappelle que Nicolas Sarkozy avait déjà promis lors d’une déclaration à l’Assembléenationalele10juillet2002de supprimer tous les campements illégaux. Ceux installés depuis cette date relèvent donc de sa responsabilité ! La mise en scène des migrations de la misère vise à camoufler l’échec économique et sécuritaire du pouvoir. Je ne tomberai pas dans le piège d’une polémique sur le sujet car c’est tout l’objectif recherché. Chaque fois que la gauche dénonce la « politique sécuritaire » de Sarkozy, ce dernier marque des points. J’affirme que sa politique n’est en rien sécuritaire. Au contraire, elle produit de la violence. La preuve : les agressions sur les personnes ont massivement augmenté depuis huit ans.
Les propositions du PS ne tardent-elles pas à venir ? Oui. C’est parce qu’il y a, admettons-le, plusieurs lignes au sein du PS. J’avais fait des propositions très claires lors de la campagne présidentielle sur la sécurité durable et l’ordre juste. J’évoquais notamment la nécessité de prévention, avec l’encadrement scolaire des jeunes, l’importance de donner des moyens à la police et la justice pour agir contre le grand banditisme et enfin le besoin d’une alternative à la prison pour les mineurs délinquants. Je souhaite que le PS reprenne mes idées, les approfondisse et que ce ne soit pas la ligne laxiste qui l’emporte.
Votre proposition d’encadrement militaire des jeunes délinquants avait naguère fait polémique au PS… Ce qui se passe aujourd’hui prouve pourtant que j’avais raison. Les Français ont besoin de sécurité, notamment au moment où ils sont durement frappés par la précarité économique. Le PS doit reprendre mes propositions. C’est une nécessité car les jeunes qui sont mis en prison ressortent plus enragés que quand ils s’y sont rentrés. Il y a eu en trois ans plus de 50 000 condamnations par les tribunaux qui n’ont pas pu être appliquées, faute de structures adaptées. Au lieu de fermer les régiments comme le gouvernement le fait actuellement, il faut repenser l’utilisation de ces lieux d’éducation et d’encadrement pour permettre aux jeunes de se remettre sur les rails.
Pourquoi dites-vous que les propos du président des servent les entreprises françaises ? Pourquoi le contrat Mistral pourtant annoncé par Nicolas Sarkozy a-t-il été annulé par les Russes (NDLR : le président s’était félicité d’un accord avec Moscou pour la vente de deux navires de guerre construits en partie aux chantiers navals de Saint-Nazaire) ? Je ne vois plus un seul chef d’Etat ou de gouvernement qui défende l’action et les déclarations du président de la République française. S’il continue, cela va finir par se retourner violemment contre les Français et les entreprises françaises. Jusqu’alors, elles étaient bien positionnées dans les pays émergents à forte croissance, mais la méfiance est en train de monter. Il est urgent que la France retrouve sa dignité et son rayonnement international gravement mis en cause aujourd’hui par le comportement immoral de l’actuel président de la République.
Vos relations sont-elles désormais apaisées avec Martine Aubry ? Oui car j’ai le sens des responsabilités, malgré la gravité de ce qui s’est passé au congrès de Reims. La gauche peut gagner en 2012 si elle est unie et si elle est capable de construire un projet qui redonne une espérance et qui tire la France vers le haut.
Quand déciderez-vous si vous vous présenterez ou non à la primaire ? Quand le moment sera venu.
PROPOS RECUEILLIS PAR ROSALIE LUCAS Photo : (LP/OLIVIER CORSAN.) Source : LeParisien.fr
Invitée du JT de TF1 le 29 juin et de la matinale d'Europe1 le 20 août, Ségolène Royal semble repartie en croisade contre le système Sarkozy, «corrompu », «injuste » et «incompétent ». La candidate à la présidentielle de 2007 compte-t-elle remettre ça en 2012 ? En tout cas, le storytelling est parfaitement rodé.
Le 29 juin sur TF1, aujourd'hui sur Europe1, la présidente du Poitou Charente repart à l'assaut des médias. Sans rien laisser au hasard. Très virulente à l'encontre du chef de l'Etat, Royal a profité de ses passages télévisé et radiophonique pour se redessiner une image neuve de candidate potentielle.
Tailleur strict boutonné jusqu'au menton, cheveux attachés, mains posées bien à plat sur la table, Ségolène Royal est apparue transformée au 20h de TF1. Celle qui en 2008 faisait le show au Zénith vêtue d'une longue tunique bleue, cheveux négligemment ondulés, a troqué son look de femme enjouée pour une panoplie plus conventionnelle. Un look de présidentiable ? Un désir d'humilité dans l'air du temps ?
Quel message l'ex candidate cherche-t-elle à faire passer ? Face au président qui « a tiré la France vers le bas » et quiarbore fièrement des lunettes Rayban de jeune premier et des tee-shirt NYPD du meilleur goût, la présidente de la région Poitou Charente semble vouloir se poser en femme mûre, accomplie, capable de prendre des décisions réfléchies et «justes».
Elle choisit son moment
Entre la Fête de la rose organisée par Montebourg le 22 août et qui accueillera pour l'occasion le président du MRC, Jean-Pierre Chevènement, et l'incontournable université du PS à la Rochelle le week end du 27 août, Royal n'avait pas le choix : si elle voulait se faire entendre avant tout le monde, il fallait sortir du bois maintenant. Alors que les médias s'interrogent sur les raisons du silence de Martine Aubry, Royal prend sa famille politique à revers en s'exprimant presque comme une première secrétaire du PS : « On ne demande pas des miracles, on demande des solutions efficaces et je pense que la gauche doit avoir une politique extrêmement ferme, extrêmement claire, il faut que le PS soit à la hauteur des attentes des Français ».
Le choix de la date est symboliquement fort également quand on constate que Royal intervient le jour où Sarkozy convoque ses ministres au fort de Brégançon pour la première réunion de la rentrée politique. Un moyen pour l'ancienne adversaire du président d'apparaître comme LA figure de l'opposition, en tout cas comme un recours efficace sur le plan électoral ?
Bilan de l'adversaire
Comme une candidate en campagne, Ségolène Royal n'a eu de cesse de faire le bilan -évidemment désastreux selon elle- de Nicolas Sarkozy. Déplorant sur Europe 1 des «finances publiques en grande difficulté, un bouclier fiscal maintenu pour les grandes fortunes, des familles endettées, des prix qui augmentent », la présidente du Poitou Charente avait également regretté sur TF1 la corruption qui régnait en maître au sommet de l'Etat. Citant Montesquieu, elle a vivement critiqué ce « pouvoir qui profite d'une totale impunité », un reproche qui lui a permis de ressortir du placard son « ordre juste ».
Formules choc et propositions
Après le bilan, passons aux propositions. Royal n'a pas lésiné sur les formules pour attirer l'attention de ses interlocuteurs. « Un pays fort économiquement doit être soudé socialement », pour cela l'ex candidate à la présidentielle reprend ses vieilles propositions de 2007 : « Il faut remettre de la justice sociale, il faut mettre le capital à contribution », et y saupoudre quelques idées écologiques puisque cela semble un créneau porteur : « La France aurait tout à gagner à accélérer la mutation écologique, la France pourrait puiser les ressorts d'une nouvelle croissance écologique ».
Sur les questions de sécurité, même combat. Royal veut du « juste » partout: « On a besoin d'une politique juste, d'une sécurité juste, de l'ordre juste ».
En exhumant les idées déjà prônées en 2007, Royal ne pouvait éviter la question de Thierry Guerrier : « Vous n'avez pas renoncé aux primaires ? ». Réponse de l'intéressée : « Je ne règle pas ces questions là en deux minutes au détour d'une question, je crois que c'est très important que le PS soit uni... Je vous le dirai le moment venu ». Une réplique en forme de «oui» et une communication bien rodée qui signifient à ceux qui en doutaient que l'ex-candidate à la présidentielle bouge encore et qu'elle a plus d'un tour dans son sac. Conclusion de Royal : « La France mérite mieux que Sarkozy». Elle mérite Royal, donc ?
Le samedi 18 septembre prochain se tiendra la 3ème Fête de la Fraternité. Ségolène Royal a annoncé sa tenue en banlieue parisienne, à Arcueil et y toutes et tous à se rassembler "nombreux pour montrer qu’une autre France est possible et que nous refusons de nous taire et de subir".
Dans cette lettre Ségolène Royal réitère son engagement à combattre "la corruption d’un système qui tire la France vers le bas" affirmant que la solution réside dans la "construction d’un avenir commun appuyé sur les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité."
Le choix d'Arcueil, l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle l'explique par le moment tout particulier que vivent la France, les Français et la République française. La fête de la Fraternité "revêt cette année une importance toute particulière" dit-elle dans sa newsletter. Elle souhaite donc porter cette fête dans la banlieue tant décriée, mise à l'index.
Ségolène Royal décrit ainsi la petite ville du Val-de-Marne qui va acceuillir la 3ème Fête de la Fraternité : "La ville d’Arcueil, avec ses 45% de logements sociaux et ses plus de 47 nationalités qui y sont représentées, témoigne d’une forte cohésion sociale et culturelle. La ville s’est engagée dans un travail remarquable de pratiques démocratiques, comme en atteste le référendum local d’initiative populaire organisé pour la réhabilitation des cités, qui démontre les vertus de la démocratie participative. (...) Je remercie le Maire d’Arcueil, Daniel Breuiller, de son accueil, ainsi que toute son équipe, en particulier Denis Weisser, adjoint au Maire et conseiller régional qui sera le relais de Désirs d’Avenir sur le terrain."
Daniel Breuiller, le Maire d’Arcueil, a d'ailleurs accordé des interviews à Europe 1, ci-dessous, ainsi qu'au Journal du Dimanche, dans lesquelles, il se dit "heureux d'accueillir Ségolène Royal"
Face aux initiatives malheureuses et que je qualifierais d'anti-françaises prises par Nicolas Sarkozy ces derniers jours, la parole et les choix politiques de Ségolène Royal ont leur importance et sont particulièrement pertinents si l'on veut construire une France pour tous et pas seulement pour un clan.
Ségolène Royal a très tôt porté la notion d'ordre juste. Alors que depuis 3 ans s'instaure un ordre marqué au sceau de l'injustice, nous pouvons constater dans la réalité quotidienne des français la pertinence de cette recherche d'un ordre juste. La situation est d'ailleurs très bien résumée ce matin par Arnaud Montebourg dans une interview au Parisien : "Aujourd’hui, le gouvernement fait des chèques énormes à madame Bettencourt et à tout ce que le pays compte de très grandes fortunes, et refuse de salarier les policiers qui manquent pour les quartiers populaires!"
Dès 2006, Ségolène Royal l'exprimait ainsi dans son discours de Rodez : « Pour que les appels à la civilité et à la citoyenneté soient crédibles, il faut plus que jamais que la République tienne ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité. Un Etat qui se respecte est un Etat respecté, producteur de sécurités individuelles et collectives. L’autoritarisme, fait de coercitions sur fond d’injustices, n’est pas l’autorité car il crée des révoltes donc des désordres. L’autorité vraie « oblige », au sens le plus noble d’une obligation librement consentie, sans avoir besoin de s’imposer par la force. L’autorité vraie suppose un pouvoir légitime et reconnu comme tel. »
Ségolène Royal a aussi courageusement porté durant la campagne présidentielle la République Métissée. Exprimant simplement et sincèrement que la France ne peut être la France que si elle est réconciliée avec elle-même, réconciliée avec tous ses enfants d'où qu'ils viennent. Sur cette question centrale pour la France des 25 prochaines années, Ségolène Royal a une vision, des propositions qui tranchent avec l'insincérité de Nicolas Sarkozy, pire avec sa volonté permanente de désigner des boucs-emissaires pour entretenir son ordre injuste.
Le 18 septembre Ségolène Royal vous invite toutes et tous à fêter la Fraternité. Le 27 septembre, le gouvernement de Nicolas Sarkozy présentera son Nième projet de loi sur l'immigration, en choississant une date pour le moins douteuse, comme le faisait remarquer France Inter ce matin. Cette fête sera l'occasion de très largement lui oppsoer les "valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité".
Fraternité, ordre juste, France métissée, Ségolène Royal a dans ses racines politiques l'indispensable pour combattre le Sarkozysme dans ce qu'il a de plus nauséabond tout en répondant aux attentes populaires. En portant la Fête de la Fraternité en banlieue, Ségolène Royal apporte à la gauche l'opportunité de barrer la route aux projets de Nicolas Sarkozy en 2010 comme 2012.
Bonus : et dire que, selon certains, Nicolas Sarkozy préparerait une campagne 2012 en forme de revival de France Unie. C'est oublier qu'il est en campagne permanente pour la désunion...